Mois : août 2021

Qu’est-ce que l’oligocratie ?

Podcast audio du débat libre sur l’oligocratie (52 mn) :


Glossaire du PPAC : En abordant ce travail, notre objectif n’est pas de revendiquer la validation officielle de telle ou telle définition de terme, en temps que référence lexicale incontestable à vocation universaliste, mais tout simplement de prendre la peine (ou encore d’avoir l’honnêteté intellectuelle) de nous engager sur un contenu signifiant précis chaque fois qu’un mot ou qu’une notion générique sera employé, et ceci dans le but de ne pas laisser planer une zone d’incertitude propice à une habile autojustification a posteriori chaque fois qu’une objection pénible nous serait opposée. Par ailleurs, ce glossaire se veut contradictoire dans la mesure où, pour chaque terme indexé, nous assortirons notre définition personnelle des principales acceptions propres aux différentes tendances identifiées sur le sujet. Chaque définition fait l’objet d’un débat (enregistré) en réunion de conseil d’administration ouverte suivi d’une validation textuelle. Les textes de glossaire publiés sur ce site ont vocation à être annexés à notre programme et doivent donc être considérés comme faisant partie intégrante de celui-ci. Lire la suite

Le monde de la croissance selon Jean Laherrère

Interview de Jean Laherrère réalisée par Christian Laurut le 27 septembre 2014 – Textes & graphiques – Jean Laherrère

Jean Laherrère, géologue géophysicien pétrolier a travaillé pendant 37 ans pour la Compagnie Française des Pétroles, devenue Total par la suite. Il a été l’auteur remarqué d’un article dans la revue Scientific American en 1998 intitulé « The End of Cheap Oil » (« la fin du pétrole bon marché »). Ancien élève de l’École polytechnique, ses travaux sur les études de sismique réfraction ont contribué à la découverte du plus grand champ pétrolifère d’Afrique. Mis a la retraite par Serge Tchuruk en 1991 à l’âge 60 ans, alors qu’il comptait rester jusqu’à 65 ans,  il a néanmoins continué a travailler bénévolement en donnant des conseils dans le monde entier sur l’avenir de l’exploration et de la production du pétrole et du gaz naturel. Il est cofondateur et membre actif de l’Association for the Study of Peak Oil and Gas (association pour l’étude des pics pétrolier et gazier), et considérait (en 2014 date de l’interview) qu’à 83 ans, il travaillait autant qu’a 60. Lire la suite

La décroissance selon Roegen

La Décroissance – (Entropie – Ecologie -Economie) – 1979

Nicholas Georgescu-Roegen, né à Constanza (Roumanie) en 1906 et décédé à Nashville (USA) en 1994, est un mathématicien et économiste hétérodoxe dont les travaux ont abouti au concept de décroissance qui suscite aujourd’hui les débats que l’on sait. Il a contribué à l’introduction dans l’économie du concept physique d’entropie et à l’élaboration d’une théorie de la bio-économie ouvrant un pont entre les sciences économiques et les sciences biologiques. À ce titre, il fait partie du courant évolutionniste des économistes, mais il lie aussi sciences économiques et sciences physiques (thermodynamique), ouvrant ainsi la voie à l’économie thermodynamique. Son ouvrage scientifique majeur est « The Entropy law and the Economic Process » paru en 1971 dans lequel il écrit : « Le processus économique n’est qu’une extension de l’évolution biologique et, par conséquent, les problèmes les plus importants de l’économie doivent être envisagés sous cet angle ». Son ouvrage « La Décroissance » (1979) est d’un abord un peu plus facile pour le lecteur non scientifique et doit être conseillé à tous ceux qui, après avoir bien intégré l’inéluctabilité de la décroissance prochaine de notre civilisation industrielle, souhaitent élever leur réflexion et l’asseoir sur la base des lois physiques de notre chère terre nourricière.

Télécharger librement un exemplaire pdf – [Autorisation accordée par les ayant-droit et les traducteurs, MM. Jacques Grinevald et Ivo Rens, Université de Genève, le 17 février 2004] Lire la suite

12ème principe : La démocratie directe

Présentation vidéo suivie d’un débat libre en audio sur le 12ème principe du préambule au Programme pour une société de l’après croissance : La démocratie directe


Podcast audio du débat libre sur la démocratie directe (17 mn) :


Rappel récurrent  : Le Parti pour l’après croissance (PPAC) considère que la décroissance de notre système économique est inéluctable. C’est pourquoi notre mouvement propose propose un cadre politique afin que notre société puisse mettre en œuvre sa capacité de résilience dans des conditions optimales et construire son déclin en se préservant de l’effondrement. Ce cadre est exposé dans un programme global impliquant un certain nombre de modifications législatives, tant au niveau des codes juridiques, qu’au niveau de la constitution elle-même. Il est fondé sur une hypothèse fondamentale et 13 principes directeurs qui constituent autant de ruptures avec le système actuel.

Le schéma mécaniste en économie

Extrait de “Demain La Décroissance – Entropie – Écologie – Économie” de Nicholas Georgescu Roegen (Traduction de Jacques Grinevald et Ivo Rens)

Première partie – Le schéma mécaniste en économie

Il y a dans l’histoire de la pensée économique un événement bien curieux : des années après que le dogme mécaniste eut perdu sa suprématie en physique et son emprise dans le monde philosophique, les fondateurs de l’école néo-classique se sont mis à ériger une science économique sur le modèle de la mécanique pour en faire, selon l’expression de Jevons, « la mécanique de l’utilité et de l’intérêt individuel ». Et bien que la science économique ait beaucoup avancé depuis lors, rien de ce qui est intervenu n’a fait dévier la pen­sée économique de l’épistémologie mécaniste qui était déjà celle des ancêtres de la science économique orthodoxe. Lire la suite

La loi de l’entropie dans le processus économique

Extrait de “Demain La Décroissance – Entropie – Écologie – Économie” de Nicholas Georgescu Roegen (Traduction de Jacques Grinevald et Ivo Rens)

Deuxième partie – La loi de l’entropie dans le processus économique

Quelques économistes ont relevé que l’homme ne peut ni créer ni détruire de la matière ou de l’énergie, vérité qui découle du principe de conser­vation de la matière-énergie, autrement dit du premier principe de la thermodynami­que. Cependant nul ne paraît avoir été frappé par la question, si troublante à la lumière de cette loi: « Que fait alors le processus économique ? » Tout ce que l’on trouve dans la littérature économique usuelle, c’est une remarque deci-delà selon laquelle l’homme ne peut produire que des utilités, remarque qui ne fait en réalité qu’accentuer la difficulté. Comment est-il possible que l’homme produise quelque chose de matériel étant donné qu’il ne peut produire ni matière ni énergie ? Lire la suite

Le processus économique coûte plus qu’il ne produit

Extrait de  “Demain La Décroissance – Entropie – Écologie – Économie” de Nicholas Georgescu Roegen (Traduction de Jacques Grinevald et Ivo Rens)

Troisième partie – Le processus économique coûte plus qu’il ne produit

Grâce au mémoire de Carnot, le fait élémentaire que la chaleur s’écoule par elle-même du corps le plus chaud au corps le plus froid a acquis une place parmi les vérités reconnues par la physique. Plus important encore a été par la suite la reconnaissance de la vérité complémentaire suivante : une fois que la chaleur d’un système clos s’est diffusée au point que la température est deve­nue uniforme dans le système tout entier, la diffusion de la chaleur ne peut être inversée sans intervention extérieure. C’est ce qui arrive avec des cubes de glace dans un verre, qui, une fois fondus, ne se reformeront pas d’eux-mêmes. D’une façon générale, l’énergie thermique libre d’un système clos se dégrade continuellement et irrévocablement en énergie liée. Lire la suite

Le plaisir en tant que seul produit réel du processus économique 

Extrait de  “Demain La Décroissance – Entropie – Écologie – Économie” de Nicholas Georgescu Roegen (Traduction de Jacques Grinevald et Ivo Rens)

Quatrième partie – Le plaisir en tant que seul produit réel du processus économique 

Ce que nous avons dit plus haut du processus économique, à savoir que, d’un point de vue purement physique, il ne fait que transformer des ressources naturelles de valeur (basse entropie) en déchets (haute entropie) est donc parfaitement établi. Mais, il nous reste à résoudre l’énigme du pourquoi d’un tel processus. Et l’énigme subsistera tant que nous ne verrons pas que le véri­table produit économique du processus économique n’est pas un flux matériel de déchets mais un flux immatériel : la joie de vivre. Si nous ne reconnais­sons pas l’existence de ce flux, nous ne sommes pas dans le monde écono­mique. Lire la suite

L’activité industrielle libre de toute pollution est un mythe

Extrait de la “La Décroissance – Entropie – Écologie – Économie” de Nicholas Georgescu Roegen (Traduction de Jacques Grinevald et Ivo Rens)

Cinquième partie – L’activité industrielle libre de toute pollution est un mythe

La pensée économique a toujours été influencée par les problèmes écono­miques d’actualité. Elle a aussi reflété – avec un certain décalage – le mouve­ment des idées dans les sciences de la nature. Nous en voulons pour preuve le fait que, lorsque les économistes commencèrent à ignorer l’environnement naturel dans leur représentation du processus économique, cette évolution refléta un tournant dans la disposition d’esprit du monde intellectuel tout entier. Les réalisations sans précédent de la Révolution Industrielle avaient si bien impressionné tout le monde quant à ce que l’homme peut faire avec l’aide des machines que l’attention générale se confina sur l’usine. Lire la suite

Le déclin de la croissance est inéluctable

Extrait de  “Demain La Décroissance – Entropie – Écologie – Économie” de Nicholas Georgescu Roegen (Traduction de Jacques Grinevald et Ivo Rens)

Sixième partie – Le déclin de la croissance est inéluctable

Le globe terrestre auquel l’espèce humaine est attachée flotte, pour ainsi dire, dans un réservoir cosmique d’énergie libre, qui pourrait bien être infini. Mais, pour les raisons énumérées dans la section précédente, l’homme ne peut avoir accès à toute cette fantastique réserve d’énergie libre, non plus qu’à toutes les formes possibles d’énergie libre. L’homme ne peut, par exemple, puiser directement dans l’immense énergie thermonucléaire du soleil. Le plus grave obstacle (valable aussi pour l’usage industriel de la « bombe à hydro­gène ») réside dans le fait qu’aucun récipient matériel ne peut résister à la température de réactions thermonucléaires massives. De telles réactions ne peuvent avoir lieu que dans un espace libre. Lire la suite